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Teyana Taylor devient la Cendrillon du ghetto pour WTP

La chanteuse, coachée par Kanye West, nous prouve, en tapant du poing sur la table et avec les 8 morceaux de K.T.S.E, qu’elle mérite autant sa place que ses consoeurs dans une industrie musicale où elle peine à s’élever. K.T.S.E (Keep The Same Energy) se compose de ballades, titres reggae, de morceaux à l’eau de rose et se termine par le triomphant WTP. Dans le monde qu’elle nous fait explorer, Teyana Taylor nous prend au dépourvu à travers chaque tracks. Le tout couvert d’une pochette à la fois rustique et sexy.

Avec la sortie du clip Gonna Love Me, l’excellent remix porté par Ghostface Killa, Method Man et Raekwon, Teyana combine avec brio modernité et old school. Elle reprend les scènes du clip de Mary Blige et Method Man, All I Need, dans lequel Teyana parait désespérée. Elle y met en avant les scènes de ménage et les complications d’un couple. Une seconde version plus personnelle, donne à voir sa vie familiale et professionnelle. Son époux, sa fille, son business et surtout, des sourires et des larmes. N’oublions pas Rose in Harlem, dans lequel elle partage certains passages de sa tournée.

Le soleil se lève sur New York et Teyana Taylor est en vogue !

Mais la chanteuse ne chôme pas. À défaut de laisser ces deux clips orphelins, elle est revenue avec WTP, un des titres notables de K.T.S.E. Work This Pussy se distingue par des paroles érotiques poussées à l’extrême (même si le reste de l’album est une ode au sexe) et un clip sulfureux. Teyana nous ouvre les portes d’un terrain peu connu du grand public qui reste méprisé et marginalisé par la norme sociale : les ballrooms.

Ces lieux, créés dans les années 1920 à Harlem, quartier natal de la chanteuse, voyait se regrouper la communauté LGBT noire-américaine, pour faire la fête, vivre de leur art, défiler, danser, le tout dans des accoutrements originaux et extravagants. Un lieu unique où chacun pouvait s’exprimer et oublier le temps d’une soirée qu’ils étaient mis de côté par une société fermée d’esprit.

Aujourd’hui, les ballrooms sont devenus de véritables lieux branchés. Frank Ocean y invite ses proches du monde de la musique pour fêter son anniversaire tout en initiants des dernier au thème « Paris is burning ». Teyana Taylor, elle, met en valeur le mythique danse du Voguing. Cet espace auparavant réservé à une tranche marginalisée de la population se retrouve au centre d’une fascination du grand public.

Teyana Taylor en cendrillon du ghetto

De catégories en catégories, de « face » à « voguing» en passant par « bizarre », les familles sont dirigées par des mères et défendues par les enfants d’un foyer crée de toute piece à l’occasion de ces événements. Du début à la fin de ce court métrage de 8 minutes, la chanteuse Teyana Taylor dirige et gouverne avec force et conviction les moindres séquences :

Tout commence par une mise en condition : se préparer en coulisses, rencontrer les concourants de balls, dont de nombreuses personnalités assez connues, telles que Tokyo Mcglare et Shawn Extravaganza. Dès lors les présentations terminées, le spectacle peut commencer. Teyana entre en scène, elle est grimée. À cet instant, on la découvre timide, renfermée, perdue, mais consciente de sa capacité à concourir face aux experts du ballroom.

On est par la suite projeté dans la house à laquelle appartient Taylor. On remarque qu’elle n’est pas traitée comme les autres enfants de la maison, mais qu’elle est plutôt de corvée et charriée par ses confrères. De là, on repasse sur une interview de la famille, où la mère explique qu’elle ne voit pas Teyana capable d’endosser le rôle de vogueuse. Cette partie se clôture, une ghetto Cinderella à bout de nerfs et n’ayant qu’une envie : être sous le feu des projecteurs. Elle l’exprime avec le fameux « I can work my pu$$y ».  Serait-ce cendrillon et sa convoitise d’aller au bal?

À cet instant, New York est en feu… que les notes soit attitrées, et vite ! 

Entre tous les participants, du plus provocant, au plus extraverti, on voit apparaître une Teyana resplendissante aux pas qui émerveillent la foule. Elle les entraine avec des poses et des mouvements plus adéquats que jamais pour la situation. De là, un narrateur, qui pourrait représenter la marraine bonne fée, incite Teyana à lever la tête et briller.

Les thèmes s’enchaînent, de la strippeuse à l’époustouflant twerk, en passant par la guerrière Walkyrie de croisades en terminant par la femme masquée qui balancent ses épaules, Teyana assure. Notre cendrillon au ball a tous les yeux braqués sur elle seule. Suite à ce show réussi, on la voit disparaitre du milieu qu’elle désirait tant fréquenter, en ne laissant derrière elle que sa perruque, telle Cendrillon et sa pantoufle de verre. Le lendemain, tout le monde recherche activement la mystérieuse balleuse qui a offert un show digne des plus grands.

Teyana, toujours de corvée, et ayant pris plaisir le temps d’une soirée de ball dans le secret, doit toutefois retourner aux tourments d’une vie dans laquelle elle est soumise, et non pas leader. Son discours final est rempli d’espérance et d’ambitions futures. Elle n’oublie jamais de mettre en avant son couple. Après le final de Fade, on a encore le droit un moment décomplexé entre elle et son mari.

Le prince charmant venu la sauver de sa detresse? Possible.

Teyana est-elle retournée sur scène? Mystère… On est toutefois certain que le speech final représente en partie ses objectifs atteints… Un clin d’oeil à la fierté d’un auto-accomplissement? Peut-être.

Après Fade pour Kanye West où, sans gène, elle nous fait faire le tour d’une salle de sport ou elle a pu lancer quelque pas, puis pour Future a la FW au défilé PhillipPlein avec un detour final pour une video vogue ou elle nous présente « BODY »une chorégraphie sportive d’1min 20 ce qui est assez pour montrer de quoi elle est capable, Teyana finit par se trouver elle-même et se montre encore une fois sous ses plus belles formes. Elle nous marque encore une fois de façon charnelle par des steps qu’elle maitrise à la perfection.

En résumé, on peut visiblement observer que Teyana cherche à nous faire découvrir une partie d’elle, dans un milieu qu’elle apprécie malgré la réputation pas toujours très positive qui l’entoure. Entre féerie, glamour et acclamations, WTP est sans doute une allégorie de son parcours musical où elle atteint enfin la réussite et la consécration, en dépit de nombreuses critiques. Des laces, au léger contouring, sans oublier les heels, une voix puissante et de la danse, une chose est certaine après avoir vu ce clip : Teyana is definitely for the culture.

Read our K.T.S.E review in English here.

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